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Nouvelles lois ontariennes en santé mentale
Document d’information nº 5 sur les questions de santé mentale
produit par

The No Force Coalition

un regroupement de personnes et d’organismes
contre l’usage de la force en psychiatrie
Ontario 2000

QUELQUES FAITS IMPORTANTS

1. Le projet de loi 68 contient les modifications que le gouvernement ontarien se propose d’apporter à la Loi sur la santé mentale, à la Loi sur le consentement aux soins de santé et à d’autres lois. Adopté le 22 juin, le projet de loi est entré en vigueur le 1er décembre 2000.

Voir l’article détaillé (en anglais seulement) en ligne à l’adresse www.qsos.ca/qspc/nfc/cto.htm.

2. Une section importante du projet de loi 68 traite des ordonnances de traitement en milieu communautaire (OTCM). Depuis le 1er décembre, n’importe quel médecin peut rendre une OTCM si vous avez été patient d’un établissement psychiatrique à deux reprises ou pendant un total de 30 jours ou plus au cours des trois dernières années, que vous ayez été admis volontairement ou contre votre gré et que vous habitiez la communauté ou non. Une OTCM vous oblige à suivre un traitement (en général, administration de médicaments utilisés en psychiatrie) et à vous présenter à des rendez-vous précis. Elle est en vigueur pendant six mois et peut être renouvelée indéfiniment.

Loi sur la santé mentale (Lois révisées de l’Ontario), article 33.7 et paragraphe 35.1 (2).

Projet de loi 68, articles 14 et 16. Aussi en ligne à l’adresse http://gateway.ontla.on.ca:80/documents/StatusofLegOUT/b068_f.htm

3. Vous-même OU encore votre mandataire (proche qui prend des décisions en votre nom) devrez signer une OTCM. Si vous refusez de la signer ou enfreignez les règlements de l’OTCM, un médecin a 72 heures pour vous ordonner de subir une évaluation. Si vous refusez de vous faire évaluer, la police a 30 jours pour vous retrouver et vous forcer à retourner chez le médecin sans audience préalable.

Loi sur la santé mentale (Lois révisées de l’Ontario), article 33.7 et paragraphe 35.1 (2).

Projet de loi 68, articles 14 et 16. Aussi en ligne.

4. Une OTCM peut être rendue entre autres par un médecin, un travailleur social ou un membre de la famille. De plus, ces personnes peuvent divulguer des renseignements personnel sur votre compte sans votre permission et vous obliger à observer le « plan de traitement » ou « l’entente ».

Loi sur la santé mentale (Lois révisées de l’Ontario), article 33.7 et paragraphe 35.1 (2).

Projet de loi 68, article 14. Aussi en ligne.

5. Les OTCM sont rarement utilisées dans des situations où elles sont légales. Certaines études démontrent qu’elles ne permettent pas de prévenir la violence ou l’hospitalisation, ni d’encourager les clients à prendre leurs médicaments. Ce sont également des mesures coûteuses, fastidieuses et mal comprises par de nombreux professionnels de la santé. Au lieu d’avoir recours aux OTCM, il faut privilégier un vaste éventail de services sociaux et communautaires, comme les logements à prix abordable, les foyers d’hébergement et les centres d’intervention en cas de crise.

http://www.bazelon.org/opcstud.html

6. La police ne désire pas exécuter des décisions d’ordre médical comme les OTCM. Le chef de la police de Toronto, Julian Fantino, s’est récemment déclaré contre la nouvelle loi. Aux États-Unis, des policiers ont tiré sur des personnes qualifiées de « malades mentaux » en appliquant des mesures similaires aux OTCM.

« Cops, mentally ill bad mix : Chief decries new health act », par Philip Lee-Shanok, Toronto Sun, 18 mai 2000.

« Calling in police for patients criticized: Report says two deaths avoidable », Mike Geniella, Press Democrat Bureau, 24 juin 2000. Voir http://www.pressdemo.com/local/news/24mendo_b1empireb.html

7. Le ministère de la Santé de l’Ontario a injecté des millions de dollars dans la formation d’équipes de réadaptation communautaire intensive (équipes ACT) au cours de l’année qui vient de s’écouler. Selon une étude, la supervision constante de ces équipes mobiles de santé mentale accroît les risques de suicide chez les clients des services psychiatriques.

Communiqué du gouvernement de l’Ontario, 22 juin 2000.

« Programs of Assertive Community Treatment (PACT): A Critical Review », Toni Gomory, Ph.D., Ethical and Human Sciences Journal, vol. 1, nº 2, 1999, p. 147.

8. Un certain nombre de familles et de psychiatres déplorent que seules les personnes se trouvant dans une situation dangereuse soient hospitalisées ou traitées de force. Résultat, le projet de loi 68 autorise maintenant les médecins et les juges à interner les personnes qui refusent la médication (administration de puissants médicaments utilisés en psychiatrie) ou tentent de l’interrompre. On peut désormais vous interner si un médecin croit que le traitement est efficace, que vous n’êtes pas en mesure de prendre vos propres décisions et que vous souffrez peut-être de « détérioration mentale » (terme non défini). Des sections de l’ancienne loi continuent de s’appliquer : les personnes jugées violentes, suicidaires ou incapables de prendre soin d’elles-mêmes peuvent se faire hospitaliser de force. Cependant, il n’est plus nécessaire qu’elles courent un risque « imminent » de blessures physiques pour que l’hospitalisation soit justifiée.

Loi sur la santé mentale (Lois révisées de l’Ontario), articles 15 et 20.

Projet de loi 68, paragraphe 3 (2). Aussi en ligne.

9. Selon les plaintes d’autres citoyens, les agents de police doivent être témoins des « actes ou agissement désordonnés » des personnes perturbées sur le plan affectif pour les faire interner de force dans un hôpital, et leur seule présence a trop souvent pour effet de les calmer. En vertu de la nouvelle loi, les policiers peuvent invoquer les déclarations d’autrui pour vous faire hospitaliser de force ­ ils n’ont qu’à croire qu’ils ont des « motifs raisonnables et probables » (notion non définie) d’intervenir. Comme par le passé, un citoyen peut demander à un juge de paix de vous faire interner contre votre gré.

Loi sur la santé mentale (Lois révisées de l’Ontario), articles 16 et 17.

Projet de loi 68, article 5. Aussi en ligne.

10. D’autres citoyens s’opposent à ce que les clients des services psychiatriques puissent signer, pendant qu’ils sont en mesure de prendre ce genre de décisions, une déclaration d’intention indiquant leur refus de se faire traiter. La nouvelle loi donne à la famille ou au mandataire le droit d’ignorer cette déclaration en faisant appel auprès de la Commission de révision du consentement et de la capacité. En fait, un médecin peut demander à la Commission d’autoriser votre mandataire à ignorer vos désirs. Si votre mandataire n’est pas d’accord avec les décisions du médecin, ce dernier peut aussi demander à la Commission d’ignorer l’opposition du mandataire.

Loi sur le consentement aux soins de santé (Lois révisées de l’Ontario), articles 36 et 37.

Projet de loi 68, paragraphe 33 (1). Aussi en ligne.


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